Communiqué de presse : Notre réponse à la recommandation d’un comité parlementaire visant à exclure indéfiniment les maladies mentales du cadre de l’AMM

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18 juin 2026

(Toronto) — Le mouvement Le handicap sans pauvreté » salue la recommandation formulée par le Comité mixte spécial sur l'aide médicale à mourir (AMAD), selon laquelle le gouvernement fédéral devrait exclure indéfiniment de l'éligibilité à l'aide médicale à mourir (AMM) les personnes dont la seule affection sous-jacente est une maladie mentale. Le comité a présenté son rapport à la Chambre des communes cette semaine, en amont d'un élargissement prévu des critères d'éligibilité à l'AMM qui devrait entrer en vigueur le 17 mars 2027, sauf intervention du Parlement.

« Personne ne devrait se voir proposer la mort parce que nous n’avons pas réussi à lui offrir une vie qui vaille la peine d’être vécue », a déclaré Rabia Khedr, directrice nationale du mouvement Le handicap sans pauvreté. « Cette recommandation donne au Parlement l’occasion d’accomplir la tâche la plus difficile, mais aussi la plus importante : veiller à ce que les personnes atteintes de troubles mentaux et de handicap aient accès à un logement, à un revenu, à des soins de santé mentale et à une communauté avant que quiconque ne leur parle de mettre fin à leurs jours. »

Le comité, composé de membres du Sénat et de la Chambre des communes, a conclu qu’il subsistait une « divergence de points de vue » quant à savoir si le Canada était prêt à étendre l’AMM aux personnes dont la seule affection est une maladie mentale. Une majorité de membres s’est prononcée contre cette extension, reprenant les mêmes préoccupations qui avaient conduit le Parlement à reporter la mesure en 2024.

Le mouvement Le handicap sans pauvreté n’a cessé de rappeler que, dans un pays où trop de personnes en situation de handicap vivent en dessous du seuil de pauvreté et attendent des mois, voire des années, pour bénéficier de soins adaptés, le « choix » n’est pas véritablement libre lorsque les ressources nécessaires à une vie viable sont hors de portée. L’organisation a reçu à maintes reprises des témoignages de personnes qui envisageaient le recours à l’aide médicale à mourir non pas parce qu’elles souhaitaient mourir, mais parce qu’elles n’avaient pas les moyens de vivre dans la dignité.

« La question n’a jamais été de savoir si la souffrance est réelle — elle est profondément réelle », comme l’a souligné la Dre Michelle Hewitt, présidente du conseil d’administration du Handicap sans pauvreté. « La question est de savoir si le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour soulager cette souffrance avant de proposer la mort comme solution. À l’heure actuelle, la réponse est non, et cette recommandation le reconnaît. »

Handicap sans pauvreté reconnaît qu’il s’agit d’une question difficile et profondément personnelle sur laquelle les Canadiens, les professionnels de santé et les personnes ayant une expérience vécue ont des opinions sincères et divergentes, y compris de vives objections de la part de certains qui considèrent l’accès à l’aide médicale à mourir comme une question d’égalité et d’autonomie. L’organisation insiste pour que toute voie à suivre accorde une place centrale aux voix des personnes en situation de handicap et de celles vivant avec une maladie mentale.

Le mouvement Le handicap sans pauvreté demande au gouvernement fédéral :

  • Adopter la recommandation du comité et supprimer la date limite du 17 mars 2027 fixée pour l'extension de la couverture aux personnes dont la seule affection sous-jacente est une maladie mentale.
  • Investir immédiatement dans des aides au revenu suffisantes, des logements abordables et des soins de santé accessibles, afin qu’une vie de qualité soit une possibilité concrète pour tous.
  • Veiller à ce que les personnes ayant une expérience directe du handicap, de la pauvreté et de la maladie mentale soient au cœur de toutes les futures décisions politiques relatives à l’aide médicale à mourir.

Le ministre de la Justice, Sean Fraser, dirige la réponse du gouvernement à ce rapport et devrait se prononcer avant la date limite du 11 juillet fixée pour la soumission des commentaires. Le mouvement Le handicap sans pauvreté appelle le ministre à donner suite à la recommandation de la commission et à l’accompagner d’investissements concrets dans les aides qui rendent la vie supportable.

À propos du mouvement Le handicap sans pauvreté
Nous sommes un mouvement populaire canadien de personnes en situation de handicap dirigé par des personnes en situation de handicap. Nous construisons un mouvement national unifié soutenu par les familles, les amis, les alliés et les organisations. Notre objectif est de mettre fin à la pauvreté liée au handicap.